Puis, poussant droit vers le Nord, elle contournerait les marécages du Bahr-el-Ghazal, réputés infranchissables, longerait la frontière méridionale du Kordofan, les rives vaseuses du lac No et atteindrait le Nil.

Pour ces hardis pionniers de France, il semblait que la partie fût gagnée.

Déjà, ils avaient parcouru près de la moitié du chemin.

La réussite qui avait accompagné jusque-là leur entreprise leur donnait confiance en l'avenir.

Bref, l'expédition quitta Mayaka dans les plus heureuses dispositions.

La flottille abandonna son mouillage.

Sur la rive, l'administrateur et ses compagnons agitaient leur mouchoir.

A bord des embarcations, les voyageurs répondaient à cet adieu amical.

Et sur une case du village, dressé au haut d'un mât, un pavillon tricolore flottant au vent semblait, lui aussi, saluer ceux qui partaient.

Dans les pirogues, les pagayeurs, à la peau luisante, chantaient une chanson lente, qui rythmait leurs mouvements.