—Eh! c’est pour cela que vous êtes si en colère?... est-ce qu’il faut faire attention aux discours d’un étourdi, d’un fou, qui, les trois quarts du temps, ne pense pas à ce qu’il dit?

—Ah! Lucile, il est des choses que je ne pourrai jamais supporter. Si je restais dans cet hôtel, d’un moment à l’autre il arriverait quelque scène fâcheuse... Il est de mon devoir de partir, et je suis sûr que madame la comtesse elle-même m’approuvera.

—Je suis bien sûre, moi, qu’elle ne vous laissera pas partir.

—Lucile, aidez-moi à faire mes apprêts...

—Joli passe-temps! après neuf mois d’absence!... quand on doit avoir tant de choses à se dire! il faut que j’aide monsieur à faire des paquets!...

—Oh! ce ne sera pas long!...

—Mon Dieu! mon Dieu! que je vais m’ennuyer dans cette maison maintenant! Pendant votre voyage, au moins je savais que vous reviendriez, et cela me consolait.

—Vous apprendrez l’anglais, Lucile, et cela vous distraira.

—Est-il méchant! aimez-donc quelqu’un... pour qu’il vous fasse de la peine ensuite.

—Ah! Lucile, je ne perdrai jamais le souvenir de vos bontés et des heureux instants que j’ai passés avec vous.