»—Non, monsieur;... vous voyez que vous vous êtes trompé...»
M. de Noirmont ne répond rien; il regarde toujours le lit; tout-à-coup les rideaux reçoivent une vive secousse. Alors M. de Noirmont se lève en disant: «Mais non, je vois au contraire que je ne me suis pas trompé.»
Et déjà sa main a écarté le rideau. Il aperçoit alors Madeleine assise sur le lit, la jeune fille a la tête baissée sur sa poitrine, comme un coupable qui attend sa condamnation.
M. de Noirmont reste frappé d'étonnement, mais son front devient moins sombre, et sa surprise semble mêlée d'une secrète satisfaction. Victor est interdit, il regarde Madeleine, et n'ose parler.
«Ah! mademoiselle! dit enfin M. de Noirmont, vous ici... mais, après tout, j'aurais dû m'en douter...»
Madeleine se jette aux genoux de M. de Noirmont en murmurant: «Je suis bien coupable, monsieur, je le sais; punissez-moi, je ne m'en plaindrai pas.
»—Non, monsieur, s'écrie Victor, non, elle n'est pas coupable, ne la croyez pas;... moi seul... je mérite tous vos reproches...
»—Vous avez des torts aussi,.... mais beaucoup moins que mademoiselle;.... partout les jeunes gens cherchent à plaire; c'est aux femmes à résister à leurs séductions... mais une jeune personne que l'on recueille ici par pitié, que ma femme traite comme son amie!... Ah! c'est indigne!...
»—Monsieur, je vous en supplie, ne l'accablez pas. Venez,... venez; de grâce,... laissons-la se remettre,... se calmer.
»—Oui, vous avez raison...; je lui parlerai plus tard.»