»—Non, non!» s'écrie Madeleine en arrêtant le bras de Jacques et tombant à ses genoux, «monsieur dit la vérité, et je suis coupable!... Monsieur excusez Jacques... il ne voulait pas vous offenser...»
Le paysan semble stupéfait, accablé; il détourne la tête en portant sa main sur ses yeux. M. de Noirmont, après avoir jeté un regard de dédain sur Jacques et un coup-d'œil de mépris à la jeune fille! regagne lentement sa demeure.
Quelques minutes s'écoulent; Madeleine est encore à genoux; elle n'implore pas Jacques, mais elle fixe tristement la terre. Le paysan tourne enfin la tête de son côté; il considère quelques instans la jeune fille, puis la relève, en disant d'un ton brusque; «Allons! venez... coupable ou non, vous n'en trouverez pas moins toujours un asile chez Jacques.»
FIN DU TROISIÈME VOLUME.
MADELEINE.
TOME QUATRIÈME.
CHAPITRE PREMIER.
Démarche inutile.
En retournant dans sa maison, M. de Noirmont se rend près de sa femme. Ernestine est seule; il sent que c'est le moment de lui apprendre ce qu'il vient de faire, et pourtant il hésite, il est embarrassé, il prévoit que le parti qu'il a pris causera de la peine à sa femme. De son côté, Ernestine, qui n'a pas revu Madeleine, est inquiète, agitée, et n'ose pourtant pas parler d'elle à son mari. Celui-ci se décide à entamer l'entretien.