Quel est le rôle des cystides? On sait peu de choses à cet égard, et il serait possible qu’elles intervinssent dans le phénomène de la fécondation des champignons. Nous avons constaté souvent que le protoplasma des cystides paraissait différer de celui des basides ou des autres cellules neutres qui les accompagnent. Leur contenu paraît plus défini, plus divisé en parties organisées, et douées d’un mouvement très vif, qui semble différer du mouvement Brownien.

Nous avons vu notamment que dans Russula expallens, les cystides étaient remplies d’un nombre incalculable de petits éléments paraissant indépendants les uns des autres et animés d’un vif mouvement. A côté, nous avons pu voir des cystides qui s’étaient ouvertes à leur extrémité et qui étaient complètement vides. Nous ne voulons pas tirer une conclusion peut-être hasardée, nous nous contentons de signaler le fait.

Les spores qui se forment à l’extrémité des stigmates commencent d’abord par être très petites, puis peu à peu elles grossissent jusqu’à ce qu’elles aient acquis les dimensions voulues.

Nous avons, dans la [figure 1], représenté un certain nombre de spores, toutes au même grossissement de 825 diamètres; on verra combien elles peuvent différer et de forme et de volume; on se rendra compte aisément de l’utilité qu’il y a de les représenter toutes au même grossissement. Nous estimons qu’il est plus rationnel de les dessiner au grossissement de 1.000 diamètres, ce qui n’est pas difficile. Le grossissement de 500 diamètres est déjà quelque chose, mais il peut arriver que certains détails, certains ornements importants ne soient pas suffisamment visibles.

Les spores des champignons sont non seulement différentes de forme et de volume, mais leur contenu et leur couleur peuvent varier à l’infini. Nous savons déjà, puisqu’on en a fait la base de la classification des Agaricinées, qu’elles peuvent être blanches comme dans les Leucosporées, roses dans les Rhodosporées, ochracées comme dans les Ochrosporées, noires ou brunes-noires comme dans les Mélanosporées. Quant à leur contenu, il peut être également très différent; dans certaines spores, on ne distingue rien; le protoplasma est si réfringent ou si peu abondant qu’on ne le voit pas, la spore paraît donc comme si elle était vide; on dit alors qu’elle est hyaline. D’autres fois, on distingue dans les cellules, un, deux, trois, ou même plusieurs petits globules, qui peuvent être de nature huileuse. Leur disposition est quelquefois assez fixe pour pouvoir servir comme élément de distinction; on peut aussi y rencontrer un ou plusieurs globules plus gros qui peuvent être des vacuoles. Nous terminerons en disant que les spores montrent souvent un apicule ou saillie qui provient du point d’attache sur le stérigmate.

Tout ce que nous venons de dire est imputable en grande partie au deuxième sous-groupe des Basidiomycètes, aux Gastéromycètes, mais il y a entre ces deux sous-groupes une différence capitale. L’hyménium des Hyménomycètes est toujours en contact direct et immédiat avec l’atmosphère, en un mot, il est visible à l’extérieur du réceptacle, ce qui n’a pas lieu chez les Gastéromycètes.

Il est facile de s’en assurer en examinant les lames des Agaricinées qui sont couvertes par la couche fructifère.

Dans les Polyporées, cette couche fructifère tapisse l’intérieur des tubes, comme il est facile de s’en assurer en examinant au microscope une section transversale d’un tube de Polypore.

Dans les Hydnées, l’hyménium recouvre les pointes; dans les Téléphorées, les Clavariées, les Auriculariées (Trémellacées), ce même hyménium recouvre la plus grande partie de la surface du champignon; mais ces trois dernières familles se distingueront aisément des Agaricinées, Polyporées, Hydnées, par ce fait que l’hyménium est tourné vers le ciel, il regarde en haut; on dit alors qu’il est supère, tandis que dans les Agaricinées, les Polyporées, les Hydnées, il regarde en bas, il est infère.

Les autres caractères distinctifs des différentes familles des Hyménomycètes seront aisément saisis à l’examen du [tableau II].