Les espèces exotiques ont, si cela est possible, des formes encore plus bizarres et véritablement étranges, car il faut dire que dans nos pays tempérés, elles sont peu nombreuses, et au contraire, très bien représentées dans les pays chauds.

Avec les Nidulariées, autre sujet de surprise; nous ne sommes plus ici en présence de champignons charnus, mais bien coriaces, fermes, et ayant la forme de petites urnes, d’abord fermées, puis s’ouvrant à la maturité pour donner issue aux spores. On a donné à ces champignons le nom de champignons nids d’oiseaux.

Les Lycoperdacées nous sont plus familières, et il n’est personne qui n’ait rencontré ou même ramassé dans les bois, les prairies, ces masses blanchâtres généralement rondes, sessiles ou pédicellées, et ne les ait même foulées du pied. D’autres ont pu se trouver en présence d’une énorme boule blanche revêtue d’une enveloppe satinée, que l’on croirait avoir été amenée dans les jardins ou les pâtures par quelque sorcière en quête de magie.

Cette production a, comme tous les champignons, une origine toute naturelle; elle se développe sur un mycélium blanc né d’une spore infiniment petite; elle est d’abord minuscule, mais croît très rapidement, et finit par atteindre un volume considérable, jusqu’à 1 m. 10 de tour et le poids de 5 à 6 kilos. On nomme ce champignon la vesse-loup des bouviers, ou vesse-loup gigantesque, Lycoperdon giganteum.

D’autres Lycoperdacées, comme les Sclérodermes, ont une enveloppe très épaisse et sont dépourvues de pied; d’autres, comme les Geaster, ont la propriété de fendre leur enveloppe extérieure en plusieurs parties qui se recourbent à l’extérieur pour laisser libre la partie sporifère; à cet état, ils représentent assez bien une étoile sur laquelle on aurait placé une sphère.

Enfin, il peut arriver que le réceptacle sporifère soit, comme dans les Phalloïdées, placé au sommet d’un pédicule, c’est ce qui a lieu dans les Tulostoma. Mais chez les Lycoperdacées, le réceptacle fructifère (le péridium) s’ouvre à un moment donné pour donner passage aux spores; les Lycoperdacées sont de couleurs peu vives, souvent blanchâtres ou jaunâtres.

Les Hyménogastrées se distinguent à première vue des autres Gastéromycètes, parce qu’ils poussent sous terre (ils sont hypogés): ils ont le plus souvent la forme de petits tubercules arrondis, irréguliers et presque toujours recouverts de filaments mycéliens. Ils sont de couleur jaunâtre ou grisâtre, et au premier abord, on serait tenté de les prendre pour des champignons analogues à certaines Truffes, mais un simple examen microscopique permettra d’éviter cette erreur, car dans les Tubéracées il y a des thèques, ce qui n’est pas le cas ici, puisque les spores sont portées sur des basides.


CHAPITRE IV
Causerie sur les Discomycètes.

Les Discomycètes (champignons en forme de disque) intéressent également les mycologues de profession et les mycophages; aux premiers, ils offrent des sujets d’études fort intéressants et très variés; aux autres, ils fournissent d’excellents champignons comestibles, tels que les Morilles, les Gyromitres, les Helvelles et même certaines grandes Pézizes. Les Morilles surtout sont très appréciées, en ce qu’elles viennent au premier printemps, alors qu’il n’y a pas d’autres champignons: elles se vendent toujours à un prix très élevé, et il n’est pas rare de les voir payer 10 à 12 francs le kilog.