[LA NATURE S'EST PRISE]

La nature s'est prise aux filets de ta vie.
L'arbre, ton ombre, montre sa chair nue: le ciel.
Il a la voix du sable et les gestes du vent
Et tout ce que tu dis bouge derrière toi.

[ELLE SE REFUSE TOUJOURS]

Elle se refuse toujours à comprendre, à entendre,
Elle rit pour cacher sa terreur d'elle-même.
Elle a toujours marché sous les arches des nuits
Et partout où elle a passé
Elle a laissé
L'empreinte des choses brisées.

[SUR CE CIEL DÉLABRÉ]

Sur ce ciel délabré, sur ces vitres d'eau douce,
Quel visage viendra, coquillage sonore,
Annoncer que la nuit de l'amour touche au jour,
Bouche ouverte liée à la bouche fermée.

[INCONNUE]

Inconnue, elle était ma forme préférée,
Celle qui m'enlevait le souci d'être un homme,
Et je la vois et je la perds et je subis
Ma douleur, comme un peu de soleil dans l'eau froide.

[LES HOMMES QUI CHANGENT]

Les hommes qui changent et se ressemblent
Ont, au cours de leurs jours, toujours fermé les yeux
Pour dissiper la brume de dérision
Etc...