Au loin, geint une belle qui voudrait lutter
Et qui ne peut, couchée au pied de la colline.
Et que le ciel soit misérable ou transparent
On ne peut la voir sans l'aimer.

Les jours comme des doigts repliant leurs phalanges.
Les fleurs sont desséchées, les graines sont perdues,
La canicule attend les grandes gelées blanches.

À l'œil du pauvre mort. Peindre des porcelaines.
Une musique, bras blancs tout nus.
Les vents et les oiseaux s'unissent—le ciel change.

[LIMITE]

Songe aux souffrances taillées sous des voiles fautifs
Aux petits amateurs de rivières tournantes
Où promenade pour noyade
Nous irons sans plaisir
Nous irons ramer
Dans le cou des eaux

Nous aurons un bateau.

[LES MOUTONS]

Ferme les yeux visage noir
Ferme les jardins de la rue
L'intelligence et la hardiesse
L'ennui et la tranquillité
Ces tristes soirs à tout moment
Le verre et la porte vitrée
Confortable et sensible
Légère et l'arbre à fruits
L'arbre à fleurs l'arbre à fruits
Fuient.

[L'UNIQUE]

Elle avait dans la tranquillité de son corps
Une petite boule de neige couleur d'œil
Elle avait sur les épaules
Une tache de silence une tache de rose
Couvercle de son auréole
Ses mains et des arcs souples et chanteurs
Brisaient la lumière