Elle jouait vaillamment, avec tout son courage, tout son esprit, et avec tout son cœur.
«Qu'est-ce que cette aimable poupée? demanda l'oncle Bélébon.
—Saperbleure! dit mon père, qui essuya ses lunettes pour mieux voir. Costume d'Etel, la fille?
—Oui, monsieur le comte, répondit Annette qui fit la révérence avant de poser ses deux plats.
—Allons, maman, s'écria Vincent, dont les gros yeux s'allumèrent, voilà un vrai cadeau que vous nous faites. Eh! papa Bélébon, vieux scélérat, ça te reverdit?
—La paix, mon gars, la paix!» voulut dire le bonhomme.
Mais Vincent ne se mettait jamais à table pour déjeuner sans avoir déjà deux ou trois pots de cidre dans la panse. Il était régulièrement ivre dès le matin.
«La paix toi-même, papa Bélébon, riposta-t-il. Je suis ici l'enfant de la maison, pas vrai, papa Kervigné?»
Mon père reprit:
«A la côtelette! Il n'y a que le Morbihan pour le mouton! A boire, jeunesse! La barre d'Etel m'a passé par-dessus la tête une fois. Elle se porte bien, la barre d'Etel?