—Parfaitement, monsieur, fis-je, ébahi de voir un fou raisonner avec une telle précision.

—Vous, par exemple, continua M. Bread, vous avez la figure un peu longue....

—Hélas! monsieur, j'en conviens.

—Eh bien, je ne demande que quelques secondes pour vous la raccourcir.... tenez, comme cela....

Et en même temps, avant que je puisse me garer, il me porta une de ses mains au menton et l'autre au front, et pressa rapidement, sans me causer, du reste, la moindre douleur.

Dans le mouvement, mon chapeau était tombé; il s'empressa de le relever et de me le tendre avec une politesse exquise.

Pourtant j'étais furieux que ce fou m'eût ainsi manié le visage, et je trouvais que l'expression de sa folie passait les bornes.

—Je vous prie de finir, m'écriai-je.

—Certes, répondit-il d'un grand sang-froid, je ne vais pas vous laisser dans cet état. Il faut bien que je finisse ce que j'ai commencé. Vous n'avez encore que l'ébauche de la nouvelle figure que je vous destine, et quand je dis l'ébauche, je suis bien honnête, car en vous débattant, vous avez fait dévier mes mains de telle sorte, qu'involontairement je vous ai beaucoup trop déprimé le visage entre le front et le menton.

—N'importe, lui dis-je avec un sourire de pitié, je me contente de cette ébauche, si imparfaite qu'elle soit. Adieu, monsieur.