On y voit quelques plâtres d'après les statues célèbres que nous a transmises l'antiquité, autre: le Faune de Praxitèle, l'Apollon du Belvédère, la Vénus du Capitole, la Vénus Callipyge du musée de Naples, l'Antinoüs, le Discobole du Braccio nuovo au Vatican, et quelques modernes d'après Canova.

J'admirais ces chefs-d'œuvre que j'avais déjà admirés en Italie, lorsque M. Bread entra: vêtu de la manière la plus simple, en vrai bonhomme: vous n'auriez jamais dit d'un magicien. Vous eussiez dit d'un vieux notaire venant jeter un coup d'œil sur ses petits clercs.

—Eh bien! fit-il d'un air narquois, ai-je eu raison de vous donner mon nom et mon adresse? Que seriez-vous devenu sans cela, jeune capricieux? Vous auriez gardé une tête impossible toute votre vie.

—Il ne fallait pas, répondis-je, commencer par la rendre impossible, car, avant d'avoir été manipulée par vous, elle était encore présentable.

—Alors vous m'en voulez?... Songez donc que je vais vous en faire une qui fera tourner celle de toutes les femmes.

—Une tête grecque, n'est-ce pas?

—Oui, tout ce qu'il y a de plus grec; et je vous arrangerai le corps à l'avenant.

—Merci, lui dis-je, je préfère rester ce que la nature a voulu que je fusse; si je devenais si beau que vous le désirez, je ne me reconnaîtrais plus; mais expliquez moi donc pourquoi vous qui avez le pouvoir extraordinaire d'embellir les gens, vous gardez votre laideur?

—Hélas! c'est que je puis embellir tout le monde, excepté moi.

Cette exclamation douloureuse de M. Bread motiva de ma part certaines réflexions philosophiques qu'il serait trop long de rapporter ici, que je laisse au lecteur perspicace le soin de faire à son tour, et qui plurent beaucoup à M. Bread.