Tout d'abord, M. le duc de Rudelame fut frappé de sa souveraine beauté, quoique Coriolan (vous savez que c'est le petit nom de cet idolâtré Fandango) n'eut point encore lavé ses mains, ni fait sa barbe. On était au matin, ce qui explique suffisamment cette négligence chez un homme ordinairement propre et même coquet de sa personne.
Le duc de Rudelame le salua et lui demanda si c'était bien au docteur Fandango qu'il avait l'honneur de parler.
À son grand étonnement, ce fut le cerf, doué de bois en argent massif, qui lui rendit son salut.
Le docteur lui-même restait immobile et muet comme une statue de marbre de Paros.
Mon bisaïeul voulut décliner ses noms et qualités. Le cerf vivant lui ferma la bouche d'un geste froid et lui désigna la cuvette. Au fond de la cuvette, mon bisaïeul vit, avec une surprise croissante, des caractères qui se formaient sous une couche d'eau plus pure que le cristal.
Ces caractères, une fois devenus distincts! donnèrent les mots: Robert, Athanase, Bonaventure, duc de Rudelame-Carthagène, comte de Balamor, seigneur de Mauruse et autres lieux, présentement émigré, tourmenteur de mouches et tueur de femmes!
Mon bisaïeul releva la tête, indigné qu'il était de ce dernier trait.
Le docteur était toujours immobile.
Le cerf vivant remua la patte et ses cornes devinrent d'or.
M. le duc n'est pas un esprit ordinaire, il vit bien qu'il avait affaire à un enchanteur et dévora l'affront. Résolu à user d'une profonde dissimulation, il prononça les paroles suivantes avec aménité: