Ma perplexité était indescriptible comme le caméléon lui-même.
Devais-je sonner du cor ou attacher une fleur de pervenche à mon corsage?
Ma pudeur penchait vers le cuivre, mon amour allait vers la fleur.
Je n'avais jamais vu Coriolan, il est vrai, mais sa lettre dont vous m'avez contrainte à couper la portion, la plus attachante, allumait dans mes veines un véritable incendie.
Néanmoins, la pudeur fut en moi, la plus forte. J'allais saisir le cor, lorsque Olinda qui devinait mon coeur, me tendit la pervenche fatale…
— À la bonne heure! s'écria d'une seule voix l'atelier des
Piqueuses de bottines réunies.
— Le sort en était jeté, reprit la jeune accouchée. Je fis un bout de toilette et j'attendis la douzième heure, en proie à des sensations inexprimables.
Minuit sonna. Un bruit qu'il serait malaisé de définir se fit entendre dans le tuyau de ma cheminée.
Malheureusement, elle était à la prussienne, Je m'attendais à chaque instant à voir déboucher mon Coriolan, semblable à un immortel, quoiqu'un peu souillé de suie. Rien ne vint. Le conduit était trop étroit.
Après une demi-heure d'angoisse, pendant laquelle les gémissements inarticulés de mon séducteur me brisèrent l'âme cent fois, Olinda me dit: