Simon avait apporté son orgue de barbarie, et c'était justement cet objet qui n'avait pas pu passer par le tuyau.

Il joua dessus plusieurs morceaux tendres et anacréontiques.

Puis, le prêtre mutilé d'Éthiopie nous unit devant Dieu.

Il unit aussi, par la même occasion, le Rémouleur et Olinda, ma première confidente.

La cérémonie se passa très bien, sauf un incident, en apparence vulgaire, mais qui aurait dû nous donner à réfléchir. Au moment où le prêtre nègre prononçait sur nos têtes de saintes paroles, en un langage incohérent, il éternua. Nous nous aperçûmes qu'un vent coulis venait du côté des fenêtres; elles étaient restées entr'ouvertes, on courut les fermer, mais il était trop tard. Le prêtre d'Éthiopie qui n'avait qu'un bras, qu'une jambe et qu'un oeil ajoutait maintenant un rhume de cerveau à ces fâcheuses infirmités.

Est-ce pour vous entretenir de ce détail que j'ai parlé des fenêtres ouvertes? Non! Au travers des carreaux, le noble Mustapha crut voir une tête de hibou.

Il s'approcha pour mieux regarder et aperçut dans le feuillage des sycomores, plantés en rond autour du bassin de Mercure, une multitude d'ombres humaines et fugitives.

La lune qui se cacha sous un nuage opaque, cessa d'éclairer la nature. Mustapha crut s'être trompé. Il ne parla point. Il eut tort. Un seul mot tombant de sa bouche nous eut épargné un épouvantable péril et neuf mois de tortures atroces, qui me furent particulières et privatives, car mon Coriolan resta libre.

La cérémonie achevée, Mandina de Hachecor qui me servait de dame d'honneur, fit comprendre au reste de l'assemblée que l'heure de la retraite avait sonné. Nos amis s'éloignèrent au son de l'orgue de barbarie qui jouait un air connu, dans les corridors, pour étouffer le bruit de leurs pas.

Coriolan était enfin seul avec son Elvire.