La vue de mes jeunes appas avait adouci cette abrupte nature.
Il me marquait que, si je voulais habiter sa cabane, il consentait à étouffer la mère de ses enfants entre ses deux matelas.
Quel sauvage caractère, je méprisai son ouverture. Coriolan seul occupait mon coeur.
Où était-il? Que faisait-il? En quels lieux son cerf l'avait-il transporté? Telles étaient les questions que je m'adressais dans mon délire, Combien de fois cassai-je mes noisettes avec émotion espérant une lettre de lui! Puisque l'impur Boulet-Rouge avait bien eu l'idée de m'écrire par cette voie, Coriolan pouvait de même…
Puérile chimère! Rien! Ma situation était pénible et monotone. Je ne voyais personne, sinon le malheureux qui m'apportait chaque matin mon pain de munition, mon eau saumâtre et mes noisettes. On l'avait choisi sourd, muet et aveugle pour m'ôter toute chance d'essayer sur lui mes moyens naturels de séduction.
Les jours passèrent. La pensée d'abréger mon existence germa dans mon cerveau. Je la repoussai: j'étais mère!
La nuit de mes noces, au milieu des transports de son amour, le
Fils de la Condamnée m'avait adressé ces paroles remarquables:
— Si jamais, madame Fandango, tu te trouves dans un embarras cruel, monte au dernier étage du palais de tes pères. Emporte avec toi sept bougies et allume-les dans les ténèbres. Je les verrai de loin et j'accourrai à ton aide.
Il avait ajouté:
— Moi, si j'ai besoin de toi, je lancerai dans les airs sept petits ballons rouges. Cela voudra dire: «Viens, je t'attends sous les voûtes du bazar Bonne-Nouvelle pour affaires.»