— C'est lui, s'écria Olinda, c'est le père de Zêlida!
Elle pressait l'enfant contre son coeur. Silvio Pellico fit remettre les divers déguisements, car il n'oubliait jamais les conseils de la prudence, et l'on ouvrit la porte au véritable époux d'Olinda, qui reconnut son petit, séance tenante.
Il portait le costume des droits réunis, mais c'était un mensonge. Ses parents étaient propriétaires et référendaires à la Cour des comptes.
Silvio Pellico réfléchissait.
— Ôtez de nouveau vos déguisements! ordonna-t-il.
Et quand on lui eut obéi:
— Nous devons redoubler de précautions, parce que j'ai une importante ouverture à vous faire.
— Pour ne point blesser la pudeur, continua-t-il au bout d'un instant, messieurs, vous tournerez le dos aux dames; mesdames, vous regarderez du côté où ne sont point les hommes, puis vous vous déshabillerez complètement afin de me laisser constater si vous portez tous le cachet particulier du Fils de la Condamnée. J'ai été cruellement trompé en ma vie. Je tiens à n'être plus victime d'aucune erreur. Mon grand âge m'autorise à faire cette constatation, sans offenser l'un ni l'autre sexe.
On lui obéit encore, mais en murmurant.
Aussitôt qu'il eut vu et contrôlé tous les cachets, il ouvrit ses bras et dit avec une émotion qui allait jusqu'au transport: