—C'est l'affaire du moment, reprit-il,—une dent qu'on arrache, quoi!... Après, on n'y pense plus... Seulement, j'ai fantaisie de faire bombance pendant un mois ou deux ou davantage pour me remettre... et celle-ci a dit vrai: je veux de l'argent.

Barbedor releva les yeux sur lui. Son regard avait une expression à peindre. Il avait mieux auguré de son neveu: c'était un désappointement,—mais c'était aussi une joyeuse surprise, parce que son neveu se rapprochait ainsi de son niveau.

Le neveu comprit tout cela.

—Vous n'y êtes pas, papa, dit-il avec un dédain où renaissait sa rancune.—Vous et moi, ça fait deux.

—Voilà pour vivre! reprit-il en montrant ses bras robustes et admirablement modelés;—le reste, c'est pour mourir...

—Ah! fit Barbedor en pâlissant,—tu veux te tuer à force de boire.

—On verra, dit Lagard.

—L'homme, ajouta-t-il en se tournant vers Garnier,—un à-compte sur mes appointements.

Garnier ouvrit son portefeuille.

—Rien qu'un billet de mille pour aujourd'hui, dit Jean Lagard.—Vous me garderez le reste.