—Pour jouer, objecta madame Maillard-Coquelin,—c'est très-bien... mais pour travailler... D'abord, je veux qu'Angélina travaille.

—Angélina! se récria Mélite en caressant la joue blafarde de l'enfant;—quel nom distingué!

—Vous trouvez?... c'est moi qui l'ai choisi... On voulait l'appeler Jeanne, comme une cuisinière.

—Quant au travail, reprit Mélite.

—Je veux de l'histoire, interrompit la négociante,—de la géographie, du piano, des analyses, un peu de philosophie...

Cornélie, la sous-maîtresse, revenait avec le plaisir.—Ce fut mademoiselle Mélite qui le donna elle-même à l'enfant.

—Madame, dit-elle, si nos conditions vous conviennent, fiez-vous à moi. J'ai déjà pour Angélina la plus tendre sympathie. Je la surveillerai spécialement et je m'engage à faire d'elle ce que nous appelons un brillant sujet!

Ce dernier mot fut lancé, comme on dit au théâtre. Mademoiselle Mélite en savait l'effet d'avance. Elle reconduisit mademoiselle Maillard-Coquelin jusqu'à la porte de la rue, et celle-ci lui dit en partant:

—Demain, j'amènerai la petite.

Vous pensez si Mélite embrassa Angélina de bon cœur!