—L'amant de mademoiselle la comtesse de Mersanz! s'écria Garnier, tandis que Barbedor le regardait ébahi;—celui-là, mon vieux, est de nos amis sans le savoir... je ne donnerais pas sa besogne pour vingt mille écus!... Maman Carabosse nous sert aussi à sa manière... Donnez-leur un bon dîner et laissez-nous faire.
—Par ici, lieutenant, par ici! cria en ce moment Jean Lagard, qui était à une fenêtre du premier étage.
Garnier se leva aussitôt.
—Je ne veux pas qu'il me voie, dit-il;—la petite bonne femme non plus... Venez! j'ai encore quelque chose à vous dire.
—Lagard leur apprendra que vous êtes ici, objecta Barbedor.
—Vous irez les retrouver comme si nous étions partis... Madame la marquise et moi, nous sommes espionnés... je ne peux plus la recevoir chez moi ni me présenter chez elle... Nous choisissons décidément votre maison pour nous réunir, vous sentez bien, mon bon, comme nous en pourrions choisir une autre: ce n'est pas là l'embarras... Remarquez un fait qui étonne toujours les observateurs: c'est quand on est près de toucher le but que les obstacles augmentent...
Il entraîna Barbedor vers le bosquet, au moment où le lieutenant Vital se montrait au tournant de la ruelle.
—Est-ce ici que dînent les officiers? demanda celui-ci de loin.
—Juste, mon lieutenant, répondit Jean Lagard par la fenêtre.
Vital regarda la maison, puis les alentours. Cet examen ne fut pas en faveur du château de la Savate, car un sourire d'étonnement se montra sous la fine moustache du beau lieutenant.