Il y eut un silence, ensuite duquel M. Baptiste reprit, les yeux toujours fixés sur ceux de la camériste:
—Ne connaîtriez-vous pas une dame bien charitable et bien respectable qu'on nomme la marquise de Sainte-Croix.
La comtesse Béatrice de Mersanz avait du rouge dans un tiroir de sa toilette et n'en mettait jamais. Mademoiselle Jenny n'avait pas de rouge, mais elle mettait celui de la comtesse Béatrice. Cela n'empêcha point M. Baptiste, qui était un finaud, de remarquer son trouble.
—Si vous connaissez la marquise de Sainte-Croix..., reprit-il.
—Mais, interrompit mademoiselle Jenny,—je ne vous ai pas dit...
—C'est une supposition que je me permets... Si vous connaissez la marquise, monsieur doit nécessairement avoir quelque notion du lieutenant et de ses assiduités...
—Pourquoi cela?
—Parce que cela sert madame la marquise, et parce que madame la marquise paye comme un ange.
—Vous la connaissez donc, vous, monsieur Baptiste? demanda la femme de chambre.
Leurs regards cyniques se croisèrent effrontément.