Madame du Tresnoy surprit les regards sournoisement avides de Dorothée et de Juliette.
—Mesdemoiselles, dit-elle,—allez au piano. Vous devez chanter demain, Dorothée, et Juliette ne sait pas l'accompagnement.
Quand elle fut seule avec madame de Grévy:
—Je ne vous ai pas tout dit, reprit-elle,—et moi-même, je suis loin de tout savoir... Vous avez raison: il y a une ligue contre cette pauvre jeune femme... Madame de Sainte-Croix a un rôle là-dedans... On va jusqu'à parler du mariage du comte Achille avec cette belle Maxence que vous venez de voir...
Comme la vicomtesse, étonnée, ouvrait la bouche pour demander de plus amples renseignements, un grand bruit se fit dans le jardin. Les trois vieux compagnons s'étaient levés et criaient tous à la fois en agitant leurs verres. En même temps, madame de Grévy aperçut à l'entrée de la grille un homme d'énorme corpulence, portant la veste étoupée du marchand de vin et coiffé d'une grosse casquette de loutre.
Les trois vieux soldats s'élancèrent vers lui les bras ouverts, Roger en tête. Le gros homme les embrassa tour à tour, et on l'entraîna vers la table chargée de bouteilles.—Ainsi fit son entrée solennelle à l'hôtel de Mersanz Jean-François Vaterlot, dit Barbedor, maître, après Dieu, du château de la Savate.
FIN DU DEUXIÈME VOLUME.