»La Suleau sortit sur le carré. Elle écouta. Nul pas ne se faisait entendre dans l'escalier.—Elle développa lestement la petite fille de madame Octave Merriaux, qu'elle mit dans le berceau à la place du petit garçon...
»—On dirait qu'ils sont deux! fit l'accouchée.
»—Ne bougez pas! au nom du ciel! s'écria la Suleau,—je ne répondrais plus de rien.
»Le petit garçon était déjà empaqueté dans le châle.
»—Je vais chercher votre potion, reprit la sage-femme;—le temps de descendre chez le pharmacien... Ne bougez plus: je reviens tout de suite.
»Elle sortit.—Madame Seveste, obéissante, demeura immobile, malgré ses souffrances et la bonne envie qu'elle avait de regarder son petit enfant, qui criait dans le berceau. Elle commençait à trouver le temps long, lorsque tout à la fois arrivèrent Marguerite, une sage-femme et le mari.
»Tout le monde fut joyeux de trouver la besogne faite. Mille questions se croisèrent. Madame Seveste ne savait pas même le nom de celle qui l'avait accouchée.
»—Je croyais, dit-elle, qu'elle venait de la part de notre bonne Marguerite... Mais cela ne fait rien: elle ne va pas tarder à remonter... Embrasse ton fils, Édouard!... embrasse ton fils!
»Le premier soin de la nouvelle sage-femme fut de retourner l'accouchée dans son lit en maugréant contre l'ineptie de sa collègue.—Mais ces imprécations sont le pain quotidien des médecins mâles et femelles. On n'y prend pas garde.
»—Un fils! répéta cependant M. Seveste, qui venait de prendre l'enfant dans ses bras:—qui t'a dit que c'était un fils?