Boichel, râlant et grinçant, essayait de l’étrangler.
—Tu piques, la mouche! s’écria Jean.
Et, rabattant sa tête tout à coup, il pesa sur la poitrine de l’Auvergnat, qui s’en alla rouler tout au bout du tapis. Jean n’avait pas fait usage de ses mains.
Pendant que la salle éclatait en trépignements, Boichel se releva et se rua pour ressaisir sa proie: la tête de Jean. Il était tombé sur les reins, mais une seule de ses épaules avait touché le tapis.
Jean évita l’attaque en se jouant.
—Je n’en veux plus, dit-il, et je vas te punir par où tu as coutume de pécher.
Il s’élança à son tour, et, malgré les sauts prodigieux de l’Auvergnat, il le saisit par le cou. Alors commença une sorte de promenade circulaire. Boichel, se débattant comme un démon, et Jean, tranquille comme s’il eût fait les cent pas bras dessus bras dessous avec un ami, se mirent à tourner autour du tapis. Le bras de Jean maintenait sous presse la tête de Boichel.
Au commencement du troisième tour, Jean dit:
—Ce serait méchant de le faire languir.
Il pesa sur le cou en tournant sur lui-même et en faisant saillir brusquement sa hanche droite. Le corps de Boichel bascula sur cette hanche comme sur un pivot. Il resta un instant les jambes en l’air; puis il s’étendit sur le dos, en plein, comme un noyé à la Morgue.