Dès qu’elle fut dans le cadre de la porte, l’ombre demeura immobile.

La petite bonne femme réfléchit l’espace de deux ou trois secondes, puis d’un ton impérieux:

—Vital! dit elle, au château de la Savate!... il y a une entrée par derrière...

—C’est aujourd’hui l’assaut de Jean Lagard, objecta Vital.

—Il y a une entrée par derrière! répéta Marguerite; chaque minute vaut une heure...

Un cabriolet de place passait au bout de la rue. Marguerite appela le cocher.

—Cent francs pour ton cheval, d’ici à deux heures! s’écria-t-elle; j’ai comme une odeur de sang autour de moi!

Le cocher détela, malgré le règlement de police. On ne résiste pas à cent francs. Vital, que cette dernière action de sa mère mettait en fièvre, sauta sur le cheval et partit comme un trait.

La petite bonne femme mit les cinq louis dans la main du cocher, déjà inquiet de son escapade; puis elle dit à Fromenteau:

—Vous, chez le maréchal et chez la vicomtesse de Grévy... Tous les agents dont on peut disposer entre la ruelle Saint-Fiacre et la rue de l’École, boulevard de Sèvres... Tu peux regagner d’un seul coup la partie... Va!