Maxence cédait enfin. Il fallait bien qu’elle donnât quelque satisfaction aux délicatesses de sa conscience.
Le comte Achille trouva donc tout simple la volonté manifestée par Maxence de quitter Paris. Cela rentrait, du reste, dans ses vues.
La marquise posa ainsi le surplus de ses conditions: en sa qualité de tutrice et de mère, elle voulait ses sûretés complètes. Avant le départ, il fallait stipuler. Une réunion aurait donc lieu le soir même dans une maison tierce qu’elle désigna avec beaucoup de soin et que son isolement protégerait contre tous les espionnages. On dresserait le contrat, on signerait les dédits.
Le comte Achille ne demanda qu’une chose:
—Verrai-je Maxence?
Sur la réponse affirmative, il accepta avec transport.
Le choix de cette maison hors barrière était expliqué pour lui par sa propre situation et par l’intérêt qu’avait Flavie à le soustraire aux obsessions de ses amis.
Car il faut toujours bien comprendre que le comte Achille savait parfaitement que, de la part de la marquise, tout ceci était affaire, affaire commerciale.
Ces dupes, expressément consentantes, sont beaucoup moins rares qu’on ne pourrait le croire.
Il est donc vrai de dire que le seul point omis entre Flavie et Achille fut le guet-apens préparé. Encore, cette idée de guet-apens ne fut-elle pas absente; car Achille, en sortant de son hôtel garni, acheta un couteau-poignard qu’il cacha sous ses vêtements.