Il n'en fallait pas tant pour déconcerter le petit Jeannin. Toute sa vaillance tomba, et les larmes lui vinrent aux yeux.

— Dam ! fit-il, puisqu'il ne faut que cinquante écus nantais.

— Et où les pêcheras-tu, garçonnet, les cinquante écus nantais ? Jean tira de dessous sa peau de mouton l'escarcelle de fines mailles, qui scintilla aux lueurs du foyer.

Simon et sa ménagère ouvrirent de grands yeux. Maître Gueffès allongea le cou pour mieux voir.

— Qu'est-ce que c'est que ça ? demandèrent à la fois Simon et Fanchon. Jeannin souriait.

— Ah ! mais ! répondit-il, quand on tient la Fée des Grèves, elle donne tout ce qu'on demande !

— La Fée des Grèves ! répétèrent les deux bonnes gens stupéfaits.

Maître Simon Le Priol était un peu dans la situation d'un charlatan qui évoquerait des fantômes de carton pour amuser son public et qui verrait surgir un vrai spectre.

— La Fée des Grèves ! répéta-t-il une seconde fois ; mais c'est des contes de veillée, tout ça, petiot !

— Comment ? l'histoire du chevalier breton ?…