Simonnette pleurait, à chaudes larmes, mais Jeannin avait encore la force de sourire, quand il la regardait.
Il priait de son mieux, demandant que sa mère eût une douce vieillesse, et Simonnette une longue vie de bonheur.
Et vraiment, ainsi agenouillé, les yeux au ciel, ce petit Jeannin avait la figure d'un ange.
Lorsque les soldats entrèrent il se releva.
— Adieu, Simonnette, dit-il, pense un petit peu à moi, et souviens-toi de ce que tu m'as juré pour ma mère.
— Oh ! Jeannin ! ne t'en va pas ! criait la jeune fille qui s'attachait à lui avec désespoir. Simon et sa ménagère regardaient cela du dehors. Ils voyaient bien que le bonheur de leur foyer n'était plus. Les soldats prirent Jeannin et le menèrent vers le pommier qui devait servir de potence.
Maître Vincent Gueffès se cachait derrière les Gothon. Sa mâchoire souriait diaboliquement.
— Mon joli petit Jeannin, cria-t-il comme l'enfant passait, je t'avais bien dit que je serais de la noce !
Une main se posa sur l'épaule du Normand. C'était la main de Simon Le Priol.
— Vincent Gueffès, dit le bonhomme, je te défends de passer jamais le seuil de ma maison. Gueffès se recula et grommela entre ses dents :