IV. Veillée de la Saint-Jean.

Le manoir de Saint-Jean-des-Grèves était situé entre le bourg de Saint-Georges, sur le Couesnon, et le bourg de Cherrueix.

Sous le manoir, comme c'était la coutume, quelques maisons se groupaient.

Le manoir occupait le faîte d'un petit mamelon. Un taillis de chênes le séparait du village.

Le Bief-Neuf coulait derrière le manoir.

On nomme biefs les ruisseaux marneux à berges escarpées, au cours manquant de pente, qui dorment tristement dans l'étendue du Marais.

La principale maison du village appartenait à Simon Le Priol, laboureur et fermier de Maurever.

C'était une bâtisse en marne battue et séchée, que soutenaient des pans de bois croisés en X. La toiture de roseaux était haute et svelte, comme si elle eût essayé de relever le style épais de la maison.

Dans ce pays plat et gras, le pittoresque fait défaut ; alors comme aujourd'hui, c'était du blé dru et bien venu sous des pommiers difformes et sur de la marne labourée.

Terre grisâtre comme du savon de ménage ou noire comme du brai en fusion ; moulins à vent qui ne tournent guère ; masures ennuyées derrière leur haie jaune et portant leur toiture de roz près du sol, comme un gars innocent et frileux qui rabat jusqu'au menton son gros bonnet de laine.