Sarpebleu ! le chevalier Méloir perdait patience.
S'il n'avait pas eu ce diable de bâillon, il aurait appelé ; mais son bâillon était très bien attaché.
Ses jambes seules étaient libres. Il s'en servit d'abord pour arpenter son cachot étroit à grands pas, puis pour lancer des coups furieux dans le chêne de la porte.
Mais c'est bien le moins que les prisonniers aient le droit de passer leur mauvaise humeur sur les portes ou les murs de leurs cabanons.
Des coups de pieds du chevalier Méloir personne ne s'inquiétait.
Vers quatre heures de l'après-midi, une clef tourna pourtant dans la serrure.
— Eh bien ! Bruno ! dit une voix sur le seuil, est-ce toi qui fais tout ce tapage ? Pourquoi tes clefs sont-elles au dehors ?… Mais Bruno n'est pas là… où est-il ?
Le malheureux Méloir n'avait garde de répondre. Il se mit au-devant du nouveau venu qui était frère Eustache, et qui pensa :
— Bruno a lié les mains du prisonnier avec une corde et lui a mis un bâillon sur la bouche… c'est peut-être parce qu'il est enragé.
Méloir poussait des sons inarticulés sous son bâillon.