— Mon cher seigneur m'a ordonné de le suivre, pourquoi ? Méloir ne répondait pas et restait enfoncé dans sa sombre rêverie.
Arrivé en terre ferme, il se tourna brusquement vers Gueffès :
— C'est toi qui a mis le feu au village, dit-il.
— Non, messire, ce sont vos braves soldats.
— Ce doit être toi ! tu ne seras pas puni, si tu me dis où est Maurever.
— Je dirais à mon cher seigneur où est Maurever, répondit Gueffès avec assurance, à condition qu'on me donnera : 1° cent écus d'or ; 2° la tête de ce petit malheureux, Jeannin le coquetier ; 3° la fille de Simon Le Priol, Simonnette, dont je prétends me venger quand elle sera ma femme.
XXV. Gueffès s'en va en guerre.
Méloir arrêta son cheval et regarda Vincent Gueffès. Celui-ci ne baissa point les yeux. Méloir était pâle ; des gouttes de sueurs perlaient à ses tempes.
— C'est comme si je vendais mon âme à Satan, murmura-t-il ; mais peu importe ! Tu auras les cent écus d'or, la tête du petit Jeannin et la jolie Simonnette.
— Quels sont mes gages ?