Et la petite sœur espiègle, Rose, la fillette aux yeux malins.
Quelque jour tu te marieras, toi aussi, petite sœur.
— Merci, mes amis ; oui ; je suis bien content, oui, ma fiancée est bien belle ! Merci Pierre, merci René… vertubleu ! puisque voici la messe finie, à table ! et buvons à ma douce Matheline !
Elle est émue ; le rouge lui vient à la joue. Elle cache sa tête dans le sein de sa mère.
On n'a ces chères angoisses qu'une fois dans la vie. Une fois dans la vie seulement on porte la couronne d'oranger.
Rougis, jeune fille, et souris derrière tes larmes.
Oh !… mais la table oscille et tombe. Où sont les convives joyeux ?
Où est Matheline, l'épousée ? Pierre, René, le père avec ses cheveux blancs ? la mère pleurant et riant, Rose, la petite sœur aux yeux malins ?
Le brouillard gris, silencieux, livide…
— Au secours ! Seigneur, mon Dieu ! au secours ! Hélas ! la voix tombe à terre, brisée. Dieu n'entend pas. C'est la dernière heure. Il y a dans la brume des éclats de rire lointains. Des gémissements leur répondent. Le sable gonflé pousse ces bizarres soupirs qui semblent l'appel des victimes d'hier à la victime d'aujourd'hui.