Dans la brume, tous ces différents groupes se croisaient maintenant sans se voir. Tout était à la débandade. Et la besogne des hommes d'armes du chevalier Méloir n'en valait pas mieux pour cela. Cette foule dispersée des fugitifs n'était bonne qu'à donner le change aux chasseurs.

Aubry avait quitté ses compagnons depuis un quart d'heure, lorsqu'il crut ouïr un bruit léger derrière lui.

Il s'arrêta et colla son oreille contre la tangue.

Son cœur battait bien fort.

Mais quand il se releva, le rayon d'espoir qui brillait naguère à son front avait disparu.

Ce bruit qu'il entendait, c'était le pas des chevaux de Méloir.

Aubry chercha de quel côté il prendrait la fuite, car son premier besoin était de vivre, afin de protéger Reine.

Les pas approchaient.

Aubry pouvait ouïr déjà la voix des hommes d'armes.

— Holà ! disait Péan, qu'a-t-il donc ce brigand d'Ardois, il va rompre sa laisse !