En trois bonds, il fut auprès d'Aubry.
C'était une sorte de tumulus ou renflement à peine sensible. Le brouillard y était moins opaque que dans les fonds. On distinguait parfaitement le sol ; on voyait même à trois pieds à la ronde.
Au centre du mamelon, il y avait un poteau humide et gluant, couvert de mousse marine et qui, à marée haute, indiquait le bas-fond aux petites barques de pêcheurs montois.
Aubry s'était adossé contre ce poteau.
Il avait à la main son épée nue.
Dès l'instant où il avait entendu la conversation des hommes d'armes et senti, en quelque sorte, la fringale des chiens qui le flairaient, il avait dû renoncer à toute idée de fuir.
Une seule ressource restait : le combat.
Le combat se présentait, certes, bien inégal ; mais Aubry avait foi en sa force, et ces soldats du vieux temps, un contre dix, ne désespéraient pas de la victoire.
Tant que leurs doigts d'acier pressaient la croix d'une épée, ils taillaient de leur mieux.
Il y avait ici quelque chose de plus terrible que les hommes, c'étaient les lévriers. Mais Aubry devinait là des hommes d'armes qui serraient la laisse de chaque chien au lieu de lâcher à la fois la meute tout entière.