— Tu ne veux pas ? repris l'enragé Français ; eh bien ! buvons-les s'il ne te plaît pas de les jouer.

— Mes chers compagnons, interrompit ici le Breton, je vous prie de me laisser dire mes oraisons… Passe-moi l'écuelle, Mathurin !

Ce n'était autour du cercle, que bouches béantes et regards curieux. Simon Le Priol but un large coup et poursuivit :

— Nous n'y sommes pas, mes bonnes gens ! Oh ! mais non ! Vous allez voir bientôt ce que fit la Fée des Grèves. Attention !

V. Un Breton, un Français, un Normand.

Simon Le Priol continua ainsi :

— Voilà donc qu'est comme ça, vous autres ! Le chevalier breton leur dit : Mes compagnons, je vous prie de me laisser dire mes oraisons.

Mais les Français, mes petits enfants, ça a le diable dans le corps, faut pas mentir ! Le Français reprit :

— Ta prière sera bonne demain comme ce soir, sire Baragoin. Si tu as quelque chose dans ton escarcelle, je te propose la même partie qu'au Normand.

Le Breton se signa et dit amen ; sa prière était finie.