— Mais pourquoi le chevalier et la demoiselle restent-ils immobiles, si près de la mer qui monte ? Il prit le tube à son tour et devint plus pâle qu'un mort.
— Ils sont enlisés ! balbutia-t-il ; le chevalier a du sable jusqu'à la ceinture, et demoiselle Reine disparaît… disparaît… La cloche du monastère tinta le glas.
Une voix tomba des galeries supérieures. Cette voix disait :
— Il y a deux malheureux en détresse dans les tangues. Priez pour ceux qui vont mourir !
XXXIII. Les lises.
Quand le brouillard avait enfin cédé la place aux clairs rayons du soleil de juin, le chevalier Méloir s'était trouvé seul, aux environs de la rivière de Couesnon, à deux lieues au moins de la terre ferme.
Ce que son escorte était devenue, le chevalier Méloir ne le savait point.
Il était de terrible humeur.
Quelque chose comme un remords grondait au fond de sa conscience, car rien n'appelle si bien le remords que l'insuccès.
Or, le chevalier Méloir était un homme trop sage pour ne pas s'avouer qu'il avait échoué honteusement.