L'un de ces paysans, en effet, avait une arbalète sur l'épaule, et l'autre portait un costume qui réveilla quelques vagues souvenirs dans l'esprit du chevalier Méloir.

Une peau de mouton, nouée en écharpe et qui semblait avoir fourni de longs services.

Méloir se rappela ce jeune guide aux blonds cheveux qu'il avait interrogé en vain quelques jours auparavant, et que maître Vincent Gueffès voulait si bien faire pendre.

Le pauvre enfant marchait avec peine. La fatigue paraissait l'accabler.

Son compagnon et lui étaient évidemment des fugitifs du village de Saint-Jean-des-Grèves. Méloir songea qu'ils pourraient le renseigner. Il leur ordonna d'arrêter.

L'enfant à la peau de mouton et le paysan qui portait une arbalète n'eurent garde d'obéir. Ils pressèrent, au contraire, leur marche.

Méloir choisit un endroit où le Couesnon étalait sur le sable, c'est-à-dire coulait sur une large surface, sans rives et à fleur de grève.

Ces passages sont les gués les plus sûrs.

Méloir lança son cheval.

Le jeune garçon et son compagnon semblèrent se consulter. Le premier fit un geste de lassitude désespérée. Ils s'arrêtèrent.