Le chevalier Méloir s'était approché de Reine et cherchait à la relever. Bien qu'il ne connût pas exactement les dangers de ces grèves, il ne pouvait pas manquer de voir et d'entendre la mer.

Reine était presque évanouie.

Le chevalier, dans les efforts qu'il fit pour la remettre debout, ne s'aperçut point d'abord que la tangue cédait sous ses pieds.

Il était armé lourdement.

Quand il s'en aperçut, le sable humide touchait les agrafes de ses genouillères.

Il lâcha Reine et voulut se dégager.

Comme il arrive toujours, ses efforts ne servirent qu'à creuser davantage le trou qui allait être son tombeau.

Il vit le sable au-dessus de ses genoux et devint livide.

— Est-ce qu'il me faudra mourir ici ! pensa-t-il tout haut. Reine l'entendit. Elle se redressa galvanisée. Couchée comme elle l'était, et occupant une grande surface, son poids avait à peine attaqué le sable.

Pour se lever et s'enfuir, elle n'avait qu'un effort à faire, car ses pieds n'étaient point emprisonnés comme ceux du chevalier dans la tangue lourde et molle.