Simon flatté de cet élan naïf, fit un signe amical à la ronde et poursuivit :

— Pas moins, le Normand courait en faisant le grand tour et le Français galopait vers les Grèves.

Mon Breton, ayant réfléchi, vrai comme je vous le dis, entra chez un marchand d'épices et acheta des friandises pour toute sa piécette de vingt-quatre sous.

Il savait que la bonne Fée aimait les doudoux parce qu'elle est une femme.

Et il partit semant ses épices au bord du rivage, en disant : Bonne Fée, bonne Fée, prends pitié de moi !

On vous l'a dit et c'est la vérité : la Fée descend dans le brouillard, mais elle se laisse aussi glisser le long des rayons de la lune.

Le Breton la vit venir ainsi.

Ah ! grand Dieu ! c'était un brave homme, vous allez voir !

La Fée courut aux épices. Le Breton se coula jusqu'à elle et comme la Fée s'amusait aux friandises, il la saisit à bras-le-corps…

— Voyez-vous ça ! fit-on dans l'assistance. Et l'attention de redoubler. Le petit Jeannin lui-même tournait maintenant ses grands yeux bleus vers Simon Le Priol.