Et la Fée, demi-couchée sur l'encolure, laissait flotter au vent la gaze blanche de son voile.

Tant que le cheval noir eut la grève sous les pieds, ce ne fut rien ; mais on était en marée et la mer montait.

Bientôt le flot passa entre les jambes du cheval.

Eh ! hop ! Le cheval se mit à courir sur la mer, effleurant à peine l'écume de la pointe de son sabot.

Les vagues dansaient. Le Breton fermait les yeux pour ne pas devenir fou.

Eh ! hop ! eh ! hop !…

Toutes les respirations s'étaient arrêtées. On perdait le souffle à suivre cette course fantastique.

Simon Le Priol reprit haleine et essuya la sueur de son front.

Car il contait cela de grand cœur, comme il faut conter quand on veut passionner son auditoire.

On peut dire qu'autour de la cheminée chacun voyait le cheval noir courir sur la pointe des lames, et le voile de la Fée flottant à la brise nocturne.