Les partisans de la bonne Fée, déconcertée par la question de maître Gueffès, ne s'attendaient pas à cet auxiliaire qui leur venait tout à coup en aide.

Le petit Jeannin était plutôt toléré qu'accueilli dans l'assemblée des notables du village de Saint-Jean, et d'habitude on ne lui accordait point la parole.

Mais l'homme qui a une idée grandit tout à coup, et depuis le moment où Simon Le Priol avait dit : « La bonne Fée donne tout ce qu'on lui demande », Jeannin avait une idée.

Il était debout devant l'âtre, le front rouge et haut, mais les yeux baissés.

Tous les regards étonnés se fixaient sur lui.

— Ah ! tu l'as vue, toi, petiot ? dit Gueffès, avec son air moqueur.

— Oui, moi, je l'ai vue, répondit Jeannin.

— Il l'a vue ! il l'a vue ! répétait-on à la ronde.

— Et où l'as-tu vue ? demanda Gueffès.

— Ici, devant la porte.