— Sarpebleu ! grommela-t-il en descendant de cheval, je ne veux pas qu'ils me gâtent comme cela mes domaines ! On entra. Le vestibule était plein de flacons vides et d'assiettes brisées. La porte de la grande salle avait servi à faire du feu.

— Sarpebleu ! sarpebleu ! répéta le chevalier. Les meubles de la grande salle étaient en miettes : sarpebleu ! Dans la salle à manger, le vaisselier était vide : sarpebleu ! sarpebleu ! Et ce fut à grand'peine que, dans tout le reste du manoir, on trouva un fauteuil boiteux pour asseoir le pauvre chevalier.

— Sarpebleu ! sarpebleu ! sarpebleu ! Il n'était pas content, ce chevalier ! Du tout, mais du tout !

— Les meubles de monsieur Hue de Maurever n'étaient pas coupables ! se disait-il avec mélancolie, et sa vaisselle n'avait jamais fait de mal à notre seigneur le duc François.

Voilà des coquins qui me ruineront en frais d'achats et réparations !

Il s'assit et ôta son casque.

Ce casque seul nous a empêchés jusqu'ici de reconnaître notre bon camarade Méloir, ancien porte-bannière ducal.

Il n'avait pas encore accompli la promesse qu'il avait faite de trouver le sire de Maurever, mais il s'y était employé de si grand cœur, que François l'avait récompensé d'avance en lui chaussant les éperons.

Et comme il faut laisser un aiguillon au dévouement même le plus ardent, François lui avait promis, en cas de réussite, les domaines confisqués du Roz, de l'Aumône et de Saint-Jean-des-Grèves.

De sorte que notre excellent compagnon Méloir avait, dès ce moment, toutes les sollicitudes du propriétaire.