— Vincent Gueffès, fidèle sujet du duc François, et le plus humble de vos serviteurs, monseigneur.

IX. Maître Gueffès.

C'était bien maître Gueffès, le digne maître Gueffès, le mendiant-maquignon-clerc-normand, le prétendu de la belle Simonnette, le rival du petit Jeannin, maître Vincent Gueffès avec sa large mâchoire, son front étroit, ses bras de deux aunes.

Et maître Gueffès disait vrai par impossible : il était réellement venu au château pour parler au chevalier Méloir.

Le chevalier Méloir le considéra longtemps avec attention.

— Mes compagnons, dit-il ensuite, il est rare de trouver un animal plus laid que ce pataud-là. Tout le monde approuva de bon cœur.

— Mais vous savez, continua Méloir, quand on s'éveille comme cela en sursaut, on a la vue trouble et le sens engourdi. Peut-être avais-je la berlue, mes compagnons, peut-être ai-je vu de beaux cheveux blonds à la place de ces crins de sangliers, et une taille fine à la place de ce corps mal bâti…

Les hommes d'armes riaient. Gueffès tremblait de tous ses membres.

— Dieu me pardonne, acheva Méloir, je crois que c'est ce coquin qui m'a volé mon escarcelle !

— Oh ! mon bon seigneur, mon bon seigneur ! s'écria maître Gueffès ; je vous jure…