Le petit Jeannin courait volontiers au clair de lune. Les nuits passées à la belle étoile ne l'effrayaient point, bien qu'il fût au dire de tout le monde, poltron comme les poules.

Les trous de sa peau de mouton laissaient passer le vent froid, mais sa peau, à lui, ne s'en souciait guère.

Plus d'une fois, et plus de cent fois aussi, le petit Jeannin était venu à pareille heure, à cette même place, l'hiver ou l'été, par le beau temps ou par la pluie.

Il s'asseyait sous un gros pommier, dont le tronc, tout plein de blessures et de verrues, lançait encore vaillamment ses branches en parasol.

Un pommier de douce-au-bec ma foi !

Ce sont de bonnes pommes, oh ! oui, sucrées comme les becs-d'anges (bédanges) et goûtées comme les pigeonnets.

Mais le petit Jeannin n'était presque plus gourmand depuis qu'il songeait à Simonnette.

Donc, c'était par une belle nuit de juin que notre Jeannin, assis sous son pommier et rêvant tout éveillé, avait aperçu la fée, la bonne fée.

Il s'amusait à bâtir toutes sortes de châteaux, faisant de l'avenir un joyeux paradis où Simonnette avait, bien entendu, la meilleure place, lorsqu'un pas léger effleura les cailloux du chemin.

Jeannin vit une jeune fille. Il ne dormait pas, pour sûr ! La jeune fille passa devant la porte de Simon Le Priol et prit le gâteau de froment que Fanchon la ménagère n'oubliait jamais de déposer sur le seuil, quand il n'y avait pas de bouillie fraîche.