Celui-là a duré plus longtemps que les autres, quoiqu'il fût évident pour moi, depuis plusieurs jours déjà, qu'un élément nouveau était entré dans sa vie.
Je devinais autour de lui les pièges mystérieux où ses deux compagnons sont peut-être tombés.
Et je le surveillais bien plus étroitement, hélas! que je ne veillais sur mes pauvres chers enfants, René et Angèle.
Franz Koënig est encore venu à ma salle d'armes aujourd'hui. Il n'y viendra pas demain.
—Parce que?… murmura le secrétaire général, qui tressaillit en se rasseyant.
—Parce que, comme les autres, il a réalisé une forte somme, et que le moment est venu de le dépouiller.
—Vous auriez fait un remarquable agent, dit Berthellemot je prends des notes.
—Quand je m'occupe de police, répliqua Jean-Pierre, c'est pour mon compte. Cela m'est arrivé plus d'une fois en ma vie, et je me suis assis dans le cabinet de Thiroux de Crosne, le lieutenant de police qui succéda à M. Lenoir, comme je comptais m'asseoir, aujourd'hui dans le cabinet de M. le préfet Dubois.
Sévérin, dit Gâteloup, faisait ici allusion à la bizarre aventure qui est le sujet de notre précédent récit: la Chambre des Amours. On se souvient du rôle important que, sous son nom de Gâteloup, chantre à Saint-Sulpice et prévôt d'armes, il joua dans ce drame.
—Il n'y a pas besoin de nombreuses escouades, continua-t-il, pour relever une piste et pour mener une chasse. J'avais à venger la blessure qui empoisonna ma jeunesse, et j'avais à sauvegarder des enfants que j'aimais. J'étais jeune, hardi, avisé, quoique j'eusse le défaut de chercher parfois au fond de la bouteille l'oubli d'un cuisant chagrin… Maintenant je suis presque un vieillard, et c'est pour cela que je viens demander de l'aide.