Il y avait là une poterne basse, qui existait encore voici quelques années, et dont l'enfoncement profond servait d'abri au petit établissement d'un rétameur forain.
La comtesse Marcian Gregoryi avait la clef de cette poterne, qu'elle ouvrit pour entrer dans un lieu humide et tout noir.
Quand elle eut fermé la porte derrière elle, l'obscurité fut complète.
Dès le temps de Cagliostro, et même plus d'un siècle avant lui, les propriétés du phosphore étaient connues des adeptes; nous n'oserions pas dire, craignant l'accusation d'anachronisme, que la comtesse Marcian Gregoryi eût dans sa poche une botte d'allumettes chimiques, et cependant un léger frottement qui bruit dans l'obscurité produisit une lueur vive et instantanée.
La bougie d'une lanterne sourde s'alluma, éclairant les parois salpêtres d'un long couloir.
La comtesse se mit à marcher aussitôt, en femme qui connaît la route.
Au bout d'une cinquantaine de pas, un vent frais la frappa au visage. Il y avait à la paroi de gauche une crevasse assez large par où l'air extérieur et un rayon de lune passaient.
La comtesse s'arrêta, prêtant attentivement l'oreille. Elle appuya l'âme de la lanterne contre sa poitrine et jeta un regard au dehors.
Le dehors était un jardin sombre, touffu, mal entretenu.
—On dirait des pas, murmura-t-elle, et des voix…