—Je n'ai pas encore examiné cela. Hier je me moquais de Samuel Hahnemann, aujourd'hui j'attacherais volontiers son nom à mon chapeau; quand j'aurai achevé mon cours de médecine, je compte étudier un peu la théologie, et peut-être que je mourrai capucin.

Il s'interrompit pour ajouter en montrant la porte:

—C'est par là que M. René est sorti et après lui Mlle Angèle. Le gardien était pensif.

—Tu as peut-être raison de tout étudier, Patou, mon ami, dit-il avec une sorte de fatigue, moi je n'ai rien étudié, sinon la musique, l'escrime et les hommes…

—Excusez du peu! fit l'apprenti médecin.

—Il est trop tard pour étudier le reste, acheva le gardien. Je suis du passé, tu as de l'avenir: le passé croyait à ce qu'il ignorait; vous croirez sans doute à ce que vous aurez appris; je le souhaite, car il est bon de croire. Moi, je crois en Dieu qui m'a créé; je crois en la république que j'aime et en ma conscience qui ne m'a jamais trompé.

Patou sauta sur le pavé de la rue Poultier, et fit un entrechat à quatre temps qu'on n'eût point espéré de ses courtes jambes.

—Vous, patron, dit-il en éclatant de rire, vous êtes naïf comme un enfant, solide comme un athlète et absurde comme une jolie femme. Vous confondez toutes les notions. J'ai un petit-neveu qui me disait l'autre jour: J'aime maman et les pommes d'api. C'est de votre… A propos!—c'est cette belle comtesse blonde qui me fait songer à cela,—quel sujet à disséquer! J'étudie en ce moment les maladies spéciales de la femme. J'aurais grand besoin de quelqu'un… j'entends quelqu'un de jeune et de bien conformé… un beau sujet… Auriez-vous cela dans votre caveau de bénédiction, M. Jean-Pierre?

III

GERMAIN PATOU