—Tiens! c'te farce! c'est à l'établissement qu'il en veut. Pourtant il avait trouvé le vin mauvais.

Jean-Pierre frappa bruyamment à la porte du cabaret de la Pêche miraculeuse. Personne ne fit réponse à l'intérieur.

—Mes enfants, dit Jean-Pierre, il faut me jeter bas ces planches-là.

—Auparavant, fit observer l'officier de paix, je dois accomplir les formalités d'usage.

—Pas besoin, monsieur Barbaroux, dit par derrière une voix qui dressa l'oreille de Jean-Pierre. La farce est jouée là-dedans. Le propriétaire a déménagé.

—Est-ce toi? Ézéchiel? s'écria Jean-Pierre.

—Pour vous servir, monsieur Gâteloup, si toutefois j'en suis capable, répondit le quatrième agent, qui avança chapeau bas. J'ai mis comme ça un peu de barbe à mon menton pour la gloriole de ne pas passer pour en être quand je reviens pocher dans le quartier. J'ai ma figure de tous les jours en bourgeois, et ma physionomie du métier: ça fait-il du mal à quelqu'un?

Tout en parlant, il introduisit une clef dans la serrure de la porte, qui s'ouvrit aussitôt…

—Au nom de la loi, ajouta Ézéchiel, qui était en belle humeur, donnez-vous la peine d'entrer.

Dans cette espèce de cave, qui servait naguère de cabaret, il n'y avait plus que les quatre murs.