—Il reste une lueur d'espoir, murmura-t-il. Marchons!

Et il se dirigea de lui-même vers la porte basse qui était au fond du cabaret. Ézéchiel le laissa faire.

Aussitôt que la porte fut ouverte, Jean-Pierre Sévérin se trouva en face d'un tas de terre et de déblais qui bouchaient hermétiquement le passage.

—C'est vous qui êtes la cause de cela, patron, dit Ezéchiel. Le jour où vous avez dérangé les marchandises qui étaient devant la porte, il y avait ici des gens de la comtesse. Le lendemain, 1e passage était bouché… Mais ils ont compté sans le vieil Ézéchiel, qui les sait toutes, depuis le temps qu'il va à l'école… Rangez-vous, s'il vous plaît, et laissez-moi passer.

L'ancien cabaretier se glissa, tenant toujours sa chandelle allumée, dans un trou étroit qui restait à gauche et conduisait à l'escalier de sa cave. Jean-Pierre et les agents le suivirent. La cave était vide comme le bouge supérieur, mais à l'extrémité orientale du cellier, il y avait un amas de plâtras, entourant une ouverture récemment pratiquée.

Ezéchiel l'éclaira; elle pouvait donner passage à un homme de médiocre corpulence.

—Le soir où j'ai percé ce trou, dit-il en rougissant de colère, la maudite m'a fait mordre par son chien. S'il avait pu se couler là-dedans, le diable à quatre pattes, j'étais un homme mort. Je lui garde une dent: non pas au chien, mais à la dame… Et vous qui êtes un savant, monsieur Gâteloup, savez-vous si c'est vrai qu'on ne peut faire la fin de ces gens-là qu'avec un morceau de feu qu'on leur met dans le coeur?…

Charlevoy et Laurent étaient tout pâles.

—Mais c'est donc bien vraiment une vampire? murmurèrent-ils ensemble.

—En avant! ordonna Jean-Pierre.