Le déménagement était fait.

La décrépitude de la vieille maison se montrait partout.

Seulement, ça et là, un bouquet fané, un chiffon de femme, un livre restaient comme des témoins de la vie passagère qui avait animé cette solitude.

Dans la seconde chambre, celle que nous vîmes ornée selon la mode orientale, et que Lila choisit pour raconter au jeune Breton son histoire fabuleuse ou véridique, les hautes piles de coussins et les lampes de Bohême avaient disparu comme tout le reste.

Cette deuxième pièce était en apparence, la fin de la maison. La muraille opposée à la porte ne présentait aucune solution de continuité.

C'était pourtant bien cette muraille qui s'était ouverte quarante-huit heures auparavant pour montrer à René ébloui le réduit charmant, au fond duquel l'alcôve drapait ses rideaux de soie;

Le boudoir où la collation était servie;

La chambre sans fenêtres, en un mot, le lit d'amour qui devait se changer en prison.

Ce serait insulter à l'intelligence du lecteur que de lui expliquer pourquoi une pièce construite et installée précisément pour servir de cachette, au temps où l'art de ménager des cachettes était à son apogée, ne montrait à l'extérieur aucune trace de son existence.

Jean-Pierre Sévérin et son escouade restèrent près d'une heure au premier étage, furetant et fouillant. Toutes leurs recherches furent inutiles.