XXI
PAUVRE ANGÈLE!
Jean-Pierre Sévérin, dit Gâteloup, et Germain Patou étaient seuls tous deux, non plus dans le salon, mais dans la chambre qui confinait à la cachette. Jean-Pierre avait voulu mettre une porte de plus entre lui et la curiosité des agents.
Ils étaient assis l'un auprès de l'autre, sur la marche ou caisson que la coutume plaçait, dans toutes les vieilles maisons, au-devant des croisées.
C'était l'unique siège que présentât désormais l'appartement.
Chacun d'eux avait à la main un de ces papiers qui contenaient des cailloux. La chandelle était par terre. Ils se penchaient pour lire, et les cheveux blancs du gardien tombant en avant, inondaient son visage.
On entendait sa respiration siffler dans sa gorge.
Sur le papier tremblant que tenait sa main, des larmes coulaient.
—Pauvre Angèle! murmura Germain Patou, qui avait aussi des larmes dans la voix.
—Pauvre Angèle! répéta Gâteloup d'un accent profond. Elle n'a pas songé à sa mère!